Oui je sais, je publie vite mais bon vous le méritez quand même
Et puis je n'attend pas autant de coms que pour l'autre fic, à 30 j'suis déja trés satisfaite
Merci encore...
Code couleurs:
Lucie
Le Medecin
L'infirmière
J'entends comme des bruits bizarres, des bruits de fonds, récurrents, stridents. J'ai l'impression de sortir de mon corps, de ne plus être moi. Les yeux mi clos, je vois des gens penchés au-dessus de moi. Cette lumière me perce les pupilles, me ramène à la vie malgré moi...Je les vois qui me parles, mais je ne saisis pas le sens de leurs mots. Je suis branchée de partout, j'ai un masque à oxygène sur le visage. J'ai peur, je ne sais pas où je suis...des gouttelettes d'eau salée débordent de mes prunelles et glissent jusqu'à ma nuque. On me sourit, pour me rassurer mais j'ai toujours aussi peur. Je ferme fort les yeux, jusqu'à ce que tout disparaisse, que tout redevienne calme...je ne veux pas vivre, pitié...laissez moi mourir...
J'ouvre les yeux doucement. J'ai du mal, j'ai l'impression qu'ils pèsent des tonnes. Tout est blanc autour de moi et peu illuminé. Je ne sais pas où je suis, je ne sais même pas si je suis encore en vie. Je suis fébrile, et j'ai l'impression d'avoir dormi des années entières. Le seul bruit que je perçois est un Bip, bref et rapide. Ca sent le médicament à plein nez, ça me donne la nausée. Je me pose des tas de questions, mais j'ai du mal à réfléchir, je suis endormi de l'intérieur, à demi morte. Un bruit de chariot métallique attire mon intention, il vient de l'extérieur de la pièce. Une femme, ronde et toute petite passe et jette un coup d'½il de mon côté.
- Oh mon dieu, oh mon dieu...Docteur !! Docteur venez vite...elle à ouvert les yeux...
Un homme grand, vêtu d'une blouse blanche s'approche de moi, le sourire aux lèvres.
- Et bien mademoiselle...on s'est décidée à revenir parmi nous ?!
Je ne réponds pas, je souris légèrement, à peine.
- Enfin je vois la couleur de vos yeux...il était temps !
- Dites messieurs...où je suis... dis-je en sanglotant
- Vous êtes...à l'hôpital...
Mes larmes coulent plus franchement, souillant un peu plus mon visage, et mes yeux vitreux.
- Mais pourquoi...j'voulais pas...
Je me met à sangloter, j'voulais pas vivre, j'voulais pas...pourquoi mon dieu...y'a personne qui m'attend, j'vous en supplie ramenez moi vers vous...
- Allons mademoiselle...séchez vos larmes...ça va aller
- Depuis quand j'suis là ? Demandai-je la voix à demi cassée.
- Deux petites semaines...c'était de justesse me dit-il, un sourire apaisant aux lèvres.
- Mais moi j'voulais mourir messieurs...
- Mais enfin...vous êtes toute jeune, vous avez toute la vie devant vous...
- Ma vie je l'ai déjà vécu lui répondit-je baissant les yeux sur mes mains tremblantes. C'est plus fort que moi, je me remets à pleurer. Il pose la paume de sa main sur le dessus de ma tête, sourit et quitte la pièce. L'infirmière n'a pas bougé, elle me regarde, pleine de compassion et s'approche de moi pour venir s'asseoir sur le bord de mon petit lit.
- C'est quoi ton prénom ? me demande-t-elle calmement.
- Lucie...je crois...
J'essuie mes joues d'un revers de main affaiblit.
- Tu ne te rappelle pas de ton nom de famille ?
- J'ai pas de famille...j'suis seule...
- Tu habitais bien quelques parts avant...hein...
- Je...je faisais le trottoir...
Elle acquiesce simplement, ne me pose pas plus de question sur mon passé. Elle me regarde, comme une mère regarderait sa fille. Je ne dis rien non plus, je laisse le silence m'englober. Mes yeux perlent mais ne coulent pas. Je regarde mes poignets bandés, j'ai peine de me voir dans cette état là, je ne suis même plus colorée, j'ai perdu toute once de joie, d'espoir. Je ne sais pas c'que c'est que de vivre, que d'être heureuse. Pourquoi j'suis encore là, je ne mérite pas, je ne saurais pas faire...je ne saurais pas. Je serre les mâchoires pour ne pas pleurer sur mon triste sort. Mais mon menton me trahie et tremblote sans que je puisse le contrôler. Je m'en veux d'être si faible, d'avoir céder à la facilité, d'avoir fuis ma vie si lâchement, je suis impardonnable...
- Tu as faim ?
- Je ne sais pas...
- Bon je t'apporte un plateau et puis tu verras bien hein...aller courage ma belle, ça ira tu verras...
Si seulement c'était vrai, comme j'aimerais la croire, mais soyons honnête, je suis foutue. J'ai prit trop de retard sur mes leçons de vie. Une fois sortie d'ici, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire, je n'ai pas de boulot, pas de diplômes, pas d'argent, pas d'endroit pour vivre...sauf chez Dany ! Mais s'il me revoit, je suis sur, il m'en collera une belle pour avoir tenté de fuir son monde. On ne le laisse pas tomber si facilement et il nous le fait bien comprendre. La fin de journée est proche, je le vois à travers les carreaux de la fenêtre. Le vent souffle légèrement et fait danser les branches nues des arbres en cadence, l'automne est fini. Il a laissé la place à cet eternel hiver. Je ne peux m'empêcher de penser à toutes celles qui sont encore là-bas, dehors dans ce froid glacial à faire le tapin. L'infirmière revient, un plateau en main chargé d'un plat fumant. Elle me le pose sur les jambes en souriant puis me dit :
- Mange ce que tu veux...je repasse te voir dans un petit moment.
- Merci beaucoup.
Elle repart et ferme la porte derrière elle. Je soupire et retire le couvercle de l'assiette. J'ai comme une boule à la gorge, suivie d'un sac de noeuds à l'estomac. Je n'ai pas faim, mais je me force un peu car je sais que j'en ai besoin. Je saisie la fourchette et pic dans un morceau de viande que j'avale tout rond. J'en avale un deuxième, accompagné d'haricots vert. Je mâche presque mécaniquement, j'ai beaucoup de mal à sentir le gout des aliments et c'est désagréable. Une troisième et dernière bouchée ensuite, mon estomac n'en supportera pas davantage. J'attaque ensuite le dessert qui n'est d'autre qu'une compote de pomme. Ca glisse tout seul, toujours sans aucun gout. Je pousse légèrement le plateau sur le bas de mes jambes et m'allonge, les yeux fixés au plafond, l'esprit vide. J'écoute mon sang coulé dans mes veines, silencieusement. J'entends le personnel qui circule dans le couloir, les conversations qu'ils ont, des voix masculines, féminines, des rires, des gens qui vivent...Une demi-heure s'écoule, je n'ai pas bougé. Je regarde le liquide de la perfusion couler dans mes veines, je peux presque le sentir quand il ce mélange à mon sang, c'est une drôle de sensation. L'infirmière refait son apparition, pour la troisième fois, toujours aussi souriante.
- Alors Lucie, tu as finit ?
- Euh...je n'avais pas trop faim...
- Si t'as mangé comme tu le souhaitais, c'est bon...
Elle retire le plateau de mes jambes et m'aide à m'allonger davantage.
- Aller maintenant, il faut dormir un peu, tu en as besoin...demain est un autre jour, et il sera meilleur tu verras...
Je souris et ferme les yeux après qu'elle est éteint la lumière. Le silence s'empare de ma chambre en même temps que l'obscurité, seule la clarté de la lune m'éclaire un peu. Les bruits du couloir cessent aussi et c'est le calme plat. Je peux presque percevoir le souffle du vent qui file dehors. J'ai du mal à m'endormir, c'est trop silencieux je ne suis pas habituée et puis il y a toujours cette foutue odeur de médoc' qui me dérange. Je me mets de côté et ferme les yeux encore une fois. Le sommeil s'installe en moi lentement et bientôt je rejoins le pays des songes.
N'hésitez surtout pas à faire tourner ce blog, ca m'aiderais pas mal =D
Bah oui c'est dur de faire débuter une fic', surtout quand ca concerne pas TH mdr
GROS BISOUS